Faits sur la fraude — Détecter, contrer et signaler la fraude

Rapport

Le 22 février 2018

Nous en entendons de toutes les sortes et en voyons de toutes les couleurs. La fraude touche des personnes de tous les milieux, partout au Canada. Les fraudeurs utilisent toujours de nouveaux pièges pour vous dérober votre argent durement gagné. Il est toutefois possible de se protéger contre la fraude.

Changez les règles du jeu en apprenant à détecter les trucs qu'utilisent les fraudeurs pour profiter de vous. Contrez leurs tentatives de vente et leurs revendications. Dites-leur que vous avez l'intention de les signaler aux autorités. Les fraudeurs ont peur de se faire prendre et ils reculeront si vous faites preuve de fermeté et leur dites de vous laisser en paix.

Chaque année, dans le cadre du Mois de la prévention de la fraude, le Bureau de la concurrence collabore avec ses partenaires, notamment le Centre antifraude du Canada (CAFC) et la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Ensemble, ils renseignent les Canadiens à propos de la fraude, leur rappellent l'importance de signaler les activités suspectes aux organismes d'application de la loi et les encouragent à apprendre à reconnaître les signes de fraude et à se protéger contre les fraudeurs.

Pour mieux comprendre les répercussions de la fraude sur le marché, ces Faits sur la fraude donnent un aperçu des différents types d'escroqueries qui ciblent couramment les Canadiens et expliquent comment les contrer. Un consommateur informé est un consommateur outillé, et voilà exactement le genre de personnes que les fraudeurs évitent à tout prix!


Table des matières

La fraude est coûteuse pour tout le monde

La fraude est un crime qui menace tous les Canadiens, sans égard à leur niveau de scolarité, à leur âge ou à leur revenu. De janvier 2014 à décembre 2017, on estime que les Canadiens ont perdu plus que 405 millions de dollars aux mains des fraudeurs.

Bien que les escrocs continuent d'avoir recours à des techniques traditionnelles par téléphone, par courriel et en personne, ils ont également jeté leur dévolu sur les médias sociaux pour cibler un nouveau segment de population : les milléniaux et la génération Z. Même s'ils maîtrisent la technologie, les membres de ces générations ont une si grande présence sur les médias sociaux qu'ils sont devenus des cibles naturelles pour les fraudeurs.

Malheureusement, les fraudeurs continuent également de cibler les aînés. De janvier 2014 à décembre 2017, on estime que les Canadiens âgés de 60 à 79 ans ont perdu quelque 94 millions de dollars dans diverses fraudes.

Lever le voile sur la fraude

Le Bureau de la concurrence et le CAFC ont reçu près de 70 000 plaintes en 2017, comparativement à un peu moins de 90 000 en 2016. Bien que les plaintes soumises au Bureau de la concurrence portaient principalement sur la publicité fausse ou trompeuse et les pratiques commerciales frauduleuses, le CAFC a reçu des plaintes liées à plus de 30 types de fraudes par marketing de masse et de stratagèmes de vol d'identité. Si vous ne savez pas quel organisme contacter, commencez par le CAFC.

Cependant, on estime que seulement 5 % des fraudes sont signalées aux autorités. Cela signifie que les organismes d'application de la loi arrivent difficilement à suivre le rythme et à obtenir les preuves nécessaires pour arrêter les fraudeurs et pour mettre la population en garde contre les risques de fraude.

Souvent, les consommateurs ne signalent pas la fraude parce qu'ils ont honte d'avoir été trompés. Ils peuvent avoir perdu seulement une petite somme d'argent et ne veulent pas se donner la peine de signaler la fraude. Quant aux entreprises, elles ne veulent pas donner l'impression qu'elles sont vulnérables ou encore nuire à leur image de marque; elles voient la fraude comme le prix à payer pour être dans les affaires.

Pire encore, certains pensent qu'il ne s'agit pas d'un « vrai » crime et que les organismes d'application de la loi ont des problèmes plus importants à résoudre. Rien n'est plus faux : des lois existent pour protéger les Canadiens de la fraude, et le Bureau de la concurrence, la GRC et le CAFC prennent la situation très au sérieux.

Il est essentiel de signaler la fraude – il s'agit du meilleur moyen pour les autorités d'accumuler des preuves pour arrêter les fraudeurs et ainsi mieux protéger les consommateurs et les entreprises.

Les fraudes qui gagnent du terrain cette année

Le Bureau et ses partenaires reçoivent de plus en plus de plaintes liées aux cyberfraudes. Les criminels ont rapidement appris à se servir des dernières plateformes et technologies pour commettre des fraudes. Voici un aperçu des tendances en matière de fraude pour l'année à venir.

Hameçonnage

L'hameçonnage est une fraude et, comme son nom l'indique, elle a un hameçon : une adresse courriel qui semble être légitime, mais ne l'est pas.

Le message semble provenir d'une banque ou d'un fournisseur de service, ou même d'un proche. Si vous mordez à l'hameçon, vous êtes redirigé vers un site Web qui paraît normal, mais qui est en réalité une imitation créée par des « hameçonneurs » malveillants.

Comme vous pensez naviguer sur le vrai site, vous n'êtes pas étonné ou vous ne vous méfiez pas lorsqu'on vous demande des renseignements personnels comme votre code d'accès, mot de passe, numéro de compte ou numéro d'assurance social. Une fois qu'ils ont ces renseignements, les hameçonneurs peuvent les utiliser pour commettre des fraudes.

Fraude de la situation d'urgence – Fraude des grands-parents

Si vous recevez un courriel ou un appel de quelqu'un qui prétend être votre ami ou un proche et qui a un besoin d'argent urgent, il s'agit probablement de fraude. Tout le monde peut être ciblé par les fraudes des situations d'urgence, mais les fraudeurs s'attaqueront souvent aux personnes âgées. Ces escrocs arrivent à inventer des histoires qui paraissent très crédibles.

À titre d'exemple, ils vont appeler et vont se faire passer pour un des petits-enfants de leur victime. Les fraudeurs vont demander de l'argent immédiatement afin de pouvoir se sortir du pétrin. Le soi-disant petit-enfant insistera pour que ses grands-parents gardent le secret afin que les parents ne l'apprennent pas.

La victime enverra de l'argent au moyen d'un service de transfert de fonds, de cartes-cadeaux prépayées, de cartes de crédit, voire même de bitcoins, dans l'espoir d'aider son petit-enfant. Malheureusement, c'est au fraudeur que va l'argent.

En 2016, plus de 800 Canadiens ont été victimes de cette arnaque. Ils ont perdu au total plus de 1 million de dollars.

Fraude du virement électronique – Escroquerie du fournisseur – Arnaque du faux PDG

Étant donné que la fraude du virement électronique a pris près de 13 millions de dollars des poches des Canadiens, c'est manifestement une arnaque qu'il faut connaître. Aussi appelée « escroquerie du fournisseur » ou « arnaque du faux PDG », cette fraude cible les entreprises.

Dans certains cas, un employé reçoit un courriel qui provient d'un haut dirigeant – souvent le PDG ou le directeur financier. Ce courriel demande à l'employé de transférer des fonds rapidement afin de conclure une transaction importante.

Dans d'autres cas, un employé reçoit un courriel d'un fournisseur habituel. Le courriel informe l'employé qu'une commande n'a pas été payée ou que le numéro de compte du fournisseur en question a changé. On demande à l'employé de changer les informations bancaires du fournisseur et d'envoyer le paiement.

Dans les deux situations, le courriel paraît légitime et l'employé traite la demande et envoie les fonds. En réalité, le courriel était une excellente imitation provenant d'un arnaqueur sans scrupules. L'argent est perdu.

Stratagèmes d'extorsion

Les extorqueurs utilisent tous les stratagèmes possibles pour vous convaincre de leur donner de l'argent, des services ou même une propriété. Personne n'est à l'abri.

Ils communiquent avec vous par téléphone, par texto, par courriel ou par message sur les médias sociaux. Une fois que ces fraudeurs ont attiré votre attention, ils présentent des scénarios complexes qui ne vous laissent qu'un seul choix raisonnable : leur donner l'argent. Ils peuvent vous menacer de s'en prendre à vous ou à votre famille, de confisquer votre propriété ou de miner votre réputation.

Au bout du compte, la seule chose qu'ils veulent c'est votre argent. Ils peuvent demander de l'argent comptant, mais la plupart du temps ils sont plus subtils et proposent d'autres moyens de paiement, selon le scénario. Il peut s'agir d'un virement électronique, de cartes-cadeaux prépayées, de cartes de crédit prépayées ou même de crypto-monnaie comme les bitcoins.

Si vous pensez faire l'objet d'une extorsion, ne paniquez pas. Appelez la police. L'extorsion est un crime.

Les fraudes auxquelles vous devez encore faire attention

Abonnements piégés

Les abonnements piégés se présentent sous diverses formes. Il peut s'agir d'une publicité affichée sur votre site de médias sociaux favori, d'une recommandation d'un ami (sur Facebook, par exemple), d'un faux « sondage » qui apparaît à l'écran de votre ordinateur pendant que vous êtes en ligne sur un autre site Web, ou d'une offre provenant d'un télévendeur. Peu importe sous quelle forme, les fraudeurs vous offriront toujours un essai « gratuit » ou un produit gratuit, puis vous demanderont de payer seulement les frais d'envoi à l'aide de votre carte de crédit. Si le consommateur accepte, il s'inscrit en fait à un service d'abonnement assorti de frais récurrents et imprévus. Si vous communiquez avec la société pour vous plaindre, vous serez redirigé vers les modalités inscrites en ligne, souvent enfouies dans le texte en petits caractères. Malheureusement, en ne retournant pas le produit « gratuit » que vous avez commandé, vous avez consenti à un abonnement mensuel de ce produit et avez autorisé le prélèvement de sommes mensuelles sur votre carte de crédit. Une fois que vous êtes aux prises avec cette situation, il est souvent très difficile de faire cesser le prélèvement des sommes mensuelles.

Sites Web mystificateurs 

Un site Web mystificateur est un site qui trompe le consommateur pour lui donner l'illusion qu'il se trouve sur le véritable site d'une entreprise, d'une institution financière, d'une œuvre de bienfaisance ou d'un gouvernement donné. En général, ces sites imitent les vrais sites Web pour vendre des produits ou des services, authentiques ou non, ou pour obtenir des renseignements financiers ou personnels confidentiels des utilisateurs. Souvent, ils fournissent suffisamment d'information pour sembler légitimes, notamment l'adresse des magasins, les numéros de téléphone, les modalités, et les logos.

Logiciel rançonneur (ou « rançongiciel »)

Il s'agit d'un type de logiciel malveillant qui bloque l'accès à l'ordinateur jusqu'à ce qu'une rançon soit versée. Le rançongiciel peut infecter un ordinateur de plusieurs façons, mais le plus souvent, les victimes cliqueront sur un lien malveillant ou sur une pièce jointe reçue dans un courriel hameçon. Une fois que leur ordinateur aura été infecté, les victimes verront apparaître une « demande de rançon » souvent formulée de façon à faire peur pour extorquer les sommes demandées. À titre d'exemple, un message pourrait apparaître indiquant que vos fichiers personnels et vos photos seront supprimés si vous ne payez pas une rançon de 100 à 250 $ par Bitcoin, Ukash ou PaySafeCard afin de déverrouiller votre ordinateur.

Fausses recommandations et fausses présentations de contenu commandité en ligne – Un grand nombre d'abonnés et de mentions « j'aime » ne veut rien dire.

Souvent, les consommateurs sont incités à acheter un produit ou un service en fonction des témoignages d'influenceurs de médias sociaux ou de personnes très présentes en ligne. Malheureusement, il se peut que ces témoignages soient faux et qu'il s'agisse en fait d'une tactique de marketing payée par une société. En ne révélant pas leurs intérêts commerciaux et en créant ce qui semble être des expériences ou des opinions véritables, ces influenceurs trompent les consommateurs et pourraient faire l'objet de mesures d'application de la Loi sur la concurrence.

Désinformation populaire planifiée 

La désinformation populaire planifiée ressemble aux fausses recommandations en ligne. Dans un contexte publicitaire, elle consiste à créer des indications commerciales qui ont l'air d'expériences authentiques et des opinions de consommateurs impartiaux. Celles-ci comprennent de faux témoignages ou de fausses critiques de consommateurs. Souvent, la désinformation fait partie d'un effort concerté des sociétés pour faire grimper leur cote ou pour abaisser la cote de leurs concurrents. À titre d'exemple, des entreprises pourraient encourager leurs employés à afficher des critiques positives sur des sites Web et des plateformes d'évaluation ou donner à leurs clients des avantages qui les incitent à faire des critiques positives.

Fraude d'option binaire : Jamais une bonne option

Semblables au jeu de hasard, les options binaires fonctionnent un peu comme un pari. Ces paris « tout ou rien » sont investis en fonction du rendement prévu d'un actif dans un cadre de temps donné. L'actif peut être une action, une devise ou un service. Des sites Web sont conçus pour inciter les utilisateurs à négocier des options binaires en offrant des taux de rendement élevés et en vantant l'absence de risque. Au début, l'investisseur constatera un gain virtuel, mais il ne peut pas y avoir accès puisque ce gain n'existe pas. À l'heure actuelle, aucune entreprise n'est autorisée à commercialiser ou vendre des options binaires au Canada, ni inscrite à cette fin.

Il est toujours risqué d'investir dans des sociétés exploitées à l'extérieur du Canada; les investisseurs qui négocient des options binaires s'exposent à un risque de vol d'identité, à l'accumulation de retraits non autorisés sur leur carte de crédit et à l'obligation de payer des intérêts élevés pour des investissements inexistants.

Fausses offres d'emploi : Aucune expérience requise!

Les fraudeurs utilisent les sites Web de petites annonces comme Kijiji, Craigslist, Monster, Indeed et Workopolis pour recruter des victimes potentielles. Les fraudes les plus fréquentes sont le client mystère et les emplois en administration ou en ressources humaines.

On offre un emploi de client mystère au consommateur qui répond à une annonce en ligne ou à un message texte. La victime reçoit un chèque par la poste avec la marche à suivre pour effectuer des achats locaux et envoyer le reste des fonds par l'entremise d'une entreprise de transfert de fonds. Le client mystère est appelé à documenter son expérience et à évaluer le service à la clientèle. Éventuellement, le chèque est retourné pour contrefaçon et « l'employé » doit rembourser les fonds qu'il a virés.

Une autre fraude courante liée à l'emploi consiste à demander à la victime de servir d'agent financier. On demande à la personne d'accepter un paiement dans son compte de banque personnel (souvent par transfert électronique ou par chèque), de conserver une portion des fonds et d'envoyer le reste à des « employés » ou des « sociétés » tiers. La victime apprend éventuellement par sa banque que le paiement original était faux ou frauduleux et qu'elle doit rembourser toutes les sommes envoyées par la suite. Les fraudeurs tenteront de faire traiter le plus grand nombre de paiements possible avant que l'institution financière de la victime ne la prévienne de la fraude.

Connaître les signes

Pensez au vieil adage : « si c'est trop beau pour être vrai, c'est probablement le cas ». Si vous gardez cet adage en tête, vous aurez de bonnes chances de vous protéger, même contre des fraudeurs particulièrement rusés. On dit que les plus belles choses dans la vie sont gratuites, alors si l'on vous demande de fournir vos renseignements personnels ou de carte de crédit, il vaut mieux dire non. Suivez ces conseils pour vous protéger :

  • Examinez le texte en petits caractères et les modalités avant de faire un achat.
  • Faites des recherches sur Google pour vérifier si des personnes ont mentionné que l'offre était frauduleuse.
  • Méfiez-vous des publicités payantes en ligne. Les bannières publicitaires ne sont pas toujours associées au site Web que vous visitez.
  • Avant d'envoyer des fonds ou un produit, contactez le demandeur en personne ou appelez-le pour confirmer que la demande est légitime.
  • Méfiez-vous des demandes par courriel qui sont bizarres ou inhabituelles.
  • Ne cliquez jamais sur des liens et n'ouvrez jamais de pièces jointes dans des courriels non sollicités.
  • Passez en revue vos relevés de carte de crédit régulièrement pour vérifier si des sommes non autorisées ont été prélevées.
  • N'oubliez pas que si ça semble trop beau pour être vrai, c'est probablement le cas.

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Ne laissez pas les fraudeurs s'en tirer à bon compte

Il est extrêmement important de signaler la fraude aux autorités. Les plaintes constituent l'une des meilleures façons de recueillir des preuves et d'ainsi mieux protéger les consommateurs et les entreprises. Si vous croyez avoir fait l'objet d'une fraude, signalez-la au Centre antifraude du Canada, au Bureau de la concurrence ou à la GRC.

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