Faits sur la fraude 2017 — Détecter, contrer et signaler la fraude

Le 28 février 2017

Nous en entendons de toutes les sortes et en voyons de toutes les couleurs. La fraude touche des personnes de tous les milieux, partout au Canada. Il y a toujours un nouveau piège que les fraudeurs utilisent pour vous dérober votre argent durement gagné. Pourtant, il est possible de vous protéger contre la fraude.

Changez les règles du jeu en apprenant à détecter les trucs qu'utilisent les fraudeurs pour profiter de vous. Contrez leurs tentatives de vente et leurs demandes. Dites-leur que vous avez l'intention de les signaler aux autorités. Les fraudeurs ont peur de se faire prendre et ils reculeront si vous vous tenez debout et leur dites de vous laisser en paix.

Chaque année, dans le cadre du Mois de la prévention de la fraude, le Bureau de la concurrence collabore avec ses partenaires, notamment le Centre antifraude du Canada (CAFC) et la Gendarmerie royale du Canada (GRC), pour renseigner les Canadiens à propos de la fraude, leur rappeler l'importance de signaler les activités suspectes aux organismes d'application de la loi et les encourager à apprendre à reconnaître les signes de fraude et à se protéger contre les fraudeurs.

Afin d'aider les Canadiens à mieux comprendre les répercussions de la fraude sur le marché, les Faits sur la fraude 2017 donnent un aperçu des différents types d'escroqueries qui ciblent couramment les Canadiens et expliquent ce que vous pouvez faire pour les contrer. Un consommateur informé est un consommateur intelligent, et voilà exactement le genre de personnes que les fraudeurs évitent à tout prix!

La fraude est coûteuse pour tout le monde

La fraude est un crime qui menace tous les Canadiens, sans égard à leur niveau de scolarité, à leur âge ou à leur revenu. De janvier 2014 à décembre 2016, on estime que les Canadiens ont perdu plus de 290 millions de dollars aux mains des fraudeurs.

Les arnaqueurs continuent d'avoir recours à des techniques traditionnelles par téléphone, par courriel et en personne, mais ont également jeté leur dévolu sur les médias sociaux pour cibler un nouveau segment de population : les enfants du millénaire et la génération Z. Même s'ils maîtrisent la technologie, les membres de ces générations ont une si grande présence sur les médias sociaux qu'ils sont devenus des cibles naturelles pour les fraudeurs.

Par ailleurs, les fraudeurs continuent malheureusement de cibler les aînés, et on estime qu'entre janvier 2014 et décembre 2016, les Canadiens âgés de 60 à 79 ans ont perdu près de 28 millions de dollars dans diverses fraudes.

Lever le voile sur la fraude

Le Bureau de la concurrence et le CAFC ont reçu près de 90 000 plaintes en 2016, comparativement à un peu moins de 70 000 en 2015. Bien que les plaintes soumises au Bureau de la concurrence portaient principalement sur la publicité fausse ou trompeuse et les pratiques commerciales trompeuses, le CAFC a reçu des plaintes liées à plus de 30 types de fraudes par marketing de masse et de stratagèmes de vol d'identité. Si vous ne savez pas quel organisme contacter, commencez par le CAFC.

En 2016 seulement, les arnaques en ligne ont suscité plus de 20 000 plaintes et causé au-delà de 40 millions de dollars en pertes pour les Canadiens.

Cependant, on estime que seulement 5 % des fraudes sont signalées aux autorités, ce qui signifie que les organismes d'application de la loi arrivent difficilement à suivre le rythme et à obtenir les preuves nécessaires pour arrêter les fraudeurs et pour mettre la population en garde contre les risques de fraude.

Souvent, les consommateurs ne signalent pas la fraude parce qu'ils ont honte d'avoir été trompés, ou parce qu'ils ont perdu seulement une petite somme d'argent et ne veulent pas se donner la peine de signaler la fraude. Les entreprises ne veulent pas donner l'impression qu'elles sont vulnérables ou encore nuire à leur image de marque; elles considèrent que c'est le prix à payer pour être en affaires.

Pire encore, certains pensent qu'il ne s'agit pas d'un « vrai » crime et que les organismes d'application de la loi ont des problèmes plus importants à résoudre. Rien n'est plus faux : des lois existent pour protéger les Canadiens de la fraude et le Bureau de la concurrence, la GRC et le CAFC prennent la situation très au sérieux.

Il est essentiel de signaler la fraude – il s'agit du meilleur moyen pour les autorités d'accumuler des preuves pour arrêter les fraudeurs et mieux protéger les consommateurs et les entreprises.

Les fraudes qui gagnent du terrain

Le Bureau et ses partenaires reçoivent de plus en plus de plaintes liées aux cyberfraudes, les criminels ayant rapidement appris à se servir des dernières plateformes et technologies pour commettre des fraudes. Voici un aperçu des tendances en matière de fraude pour l'année à venir.

Certaines de ces arnaques consistent à tromper les consommateurs ou les entreprises en leur fournissant des renseignements erronés pour les inciter à acheter un produit ou un service, et d'autres visent à berner et à forcer des victimes ciblées à verser de l'argent.

Voici quelques-unes des fraudes les plus fréquentes et les plus insidieuses :

Abonnements piégés : Les sondages disent… soyez prudents

Les abonnements piégés se présentent sous diverses formes. Il peut s'agir d'une publicité affichée sur votre site de médias sociaux favori, d'une recommandation d'un ami (sur Facebook, par exemple), d'un faux « sondage » qui apparaît à l'écran de votre ordinateur pendant que vous êtes en ligne sur un autre site Web, ou d'une offre provenant d'un télévendeur. Peu importe sous quelle forme, les fraudeurs vous offriront toujours une période d'essai ou un produit « gratuitement », puis vous demanderont de payer seulement les frais d'envoi à l'aide de votre carte de crédit. Si le consommateur accepte, il consent en fait à un service d'abonnement assorti de frais récurrents et imprévus. Si vous communiquez avec la société pour vous plaindre, on vous retournera aux modalités et conditions inscrites en ligne, souvent enfouies dans le texte en petits caractères. Malheureusement, en ne retournant pas le produit « gratuit » que vous avez commandé, vous avez consenti à un abonnement mensuel de ce produit et autorisé le prélèvement de sommes mensuelles sur votre carte de crédit. Une fois que vous êtes aux prises avec cette situation, il est souvent très difficile de faire cesser le prélèvement des sommes mensuelles.

Sites Web mystificateurs : Il n'y a rien de mieux que l'original

Un site Web mystificateur est un site qui a recours à des pratiques trompeuses pour donner au consommateur l'illusion qu'il se trouve sur le véritable site d'une entreprise, d'une institution financière, d'une œuvre de charité ou d'un gouvernement donné. En général, ces sites imitent les vrais sites Web pour vendre des produits ou des services, authentiques ou non, ou pour obtenir des renseignements financiers ou personnels sensibles des utilisateurs. Souvent, ils fournissent suffisamment de renseignements pour sembler légitimes, notamment l'adresse des commerces, les numéros de téléphone, les modalités et conditions, et les logos.

Logiciel rançonneur (ou « rançongiciel ») : On a kidnappé votre disque dur

Il s'agit d'un type de logiciel malveillant qui bloque l'accès à l'ordinateur jusqu'à ce qu'une rançon soit versée. Le rançongiciel peut infecter un ordinateur de plusieurs façons, mais le plus souvent, les victimes cliqueront sur un lien malveillant ou une pièce jointe reçue dans un courriel hameçon. Une fois que leur ordinateur aura été infecté, les victimes verront apparaître une « demande de rançon » souvent formulée de façon à faire peur pour extorquer les sommes demandées. Par exemple, un message pourrait apparaître indiquant que vos fichiers personnels et vos photos seront supprimés si vous ne payez pas une rançon de 100 à 250 $ par Bitcoin, Ukash ou PaySafeCard pour déverrouiller votre ordinateur.

Arnaque des dirigeants d'entreprise : Ne faites pas ce que demande ce patron

Avec ce type de fraude électronique, la victime potentielle reçoit un courriel qui semble provenir d'un dirigeant de l'entreprise qui a l'autorité de demander des virements bancaires. Dans certains cas, les fraudeurs créent une adresse électronique qui ressemble à celle du directeur général ou du directeur des finances. Dans d'autres cas, les fraudeurs ont compromis les adresses électroniques de l'un ou l'autre de ces dirigeants et les utilisent par la suite. Souvent, le courriel mentionnera que le « dirigeant » travaille à l'extérieur et a remarqué un paiement en souffrance qui doit être effectué dans les plus brefs délais. Le « dirigeant » ordonne le versement d'un montant généralement élevé à une personne nommée dans un certain compte bancaire.

En général, les pertes associées à ce type de fraude s'élèvent à des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de dollars.

Et voici les fraudes que l'on voit à répétition :

Fausses recommandations et fausses présentations de contenu commandité en ligne – Le nombre d'abonnés et de mentions « j'aime » n'est pas nécessairement de bon conseil

Souvent, les consommateurs sont incités à acheter un produit ou un service en fonction des témoignages d'influenceurs de médias sociaux ou de personnes qui sont très présentes en ligne. Malheureusement, il se peut que ces témoignages soient faux et qu'il s'agisse en fait d'une tactique de marketing payée par une société. En ne révélant pas leurs intérêts commerciaux et en créant ce qui semble être des expériences ou des opinions véritables, ces influenceurs trompent les consommateurs et pourraient faire l'objet de mesures d'application de la Loi sur la concurrence.

Désinformation populaire planifiée – Ça semble vrai, mais c'est faux

La désinformation populaire planifiée ressemble aux fausses recommandations en ligne. Dans un contexte publicitaire, la « désinformation populaire planifiée » consiste à créer des indications commerciales déguisées en expériences authentiques ou en véritables opinions de consommateurs impartiaux, comme de faux témoignages ou de fausses critiques de consommateurs. Souvent, la désinformation fait partie d'un effort concerté des sociétés pour faire grimper leur cote ou abaisser la cote de leurs concurrents. Par exemple, on sait que des sociétés encouragent leurs employés à afficher des critiques positives sur des sites Web et des plateformes d'évaluation ou qu'elles donnent à leurs clients des avantages qui les incitent à faire des critiques positives.

Fraude d'option binaire : Jamais une bonne option

Semblables au jeu de hasard, les options binaires ou « tout ou rien » fonctionnent un peu comme un pari. Les paris « tout ou rien » sont investis en fonction du rendement prévu d'un actif dans un cadre de temps donné. L'actif peut être une action, une devise ou un service. Des sites Web sont conçus pour inciter les utilisateurs à négocier des options binaires en offrant des taux de rendement élevés et en vantant l'absence de risque. Au début, l'investisseur constatera un gain virtuel, mais il ne peut pas y avoir accès puisqu'il n'existe pas. Actuellement, aucune entreprise n'est autorisée à commercialiser ou à vendre des options binaires au Canada, ni inscrite à cette fin.

Il est toujours risqué d'investir dans des sociétés exploitées à l'extérieur du Canada; les investisseurs qui négocient des options binaires s'exposent à un risque de vol d'identité, à l'accumulation de retraits non autorisés sur leur carte de crédit et à l'obligation de payer des intérêts élevés pour des investissements inexistants.

Fausses offres d'emploi : Aucune expérience requise!

Les fraudeurs utilisent les sites Web de petites annonces comme Kijiji, Craigslist, Monster, Indeed et Workopolis pour recruter des victimes potentielles. Les fraudes les plus fréquentes sont le client mystère et les emplois en administration ou en ressources humaines.

On offre au consommateur un emploi de client mystère dans une annonce en ligne ou un message texte. La victime reçoit un chèque par la poste avec la marche à suivre pour effectuer des achats locaux et envoyer le reste des fonds par l'entremise d'une entreprise de transfert de fonds. Le client mystère est appelé à documenter son expérience et à évaluer le service à la clientèle. Éventuellement, le chèque est retourné pour contrefaçon et « l'employé » doit rembourser les fonds qu'il a virés.

Une autre fraude courante liée à l'emploi consiste à demander à la victime de servir d'agent financier. On demande à la personne d'accepter un paiement dans son compte de banque personnel (souvent par transfert électronique ou par chèque), de conserver une portion des fonds et d'envoyer le reste à des « employés » ou des « sociétés » tiers. La victime apprend éventuellement que le paiement original était faux ou frauduleux et qu'elle doit rembourser toutes les sommes envoyées par la suite. Les fraudeurs tenteront de faire traiter le plus grand nombre de paiements possible avant que l'institution financière de la victime ne la prévienne de la fraude.

Connaître les signes

Pensez au vieil adage : « si c'est trop beau pour être vrai, c'est probablement le cas ». Même contre des fraudeurs particulièrement rusés, si vous gardez cet adage en tête, vous aurez de bonnes chances de vous protéger. On dit que les plus belles choses dans la vie sont gratuites, alors si l'on vous demande de fournir vos renseignements personnels ou de carte de crédit, il vaut peut-être mieux vous abstenir. En plus de vous fier à votre instinct :

  • Examinez le texte en petits caractères et les modalités et conditions avant de faire un achat.
  • Faites des recherches dans des sources ouvertes pour vérifier si des personnes ont mentionné que l'offre était frauduleuse.
  • Méfiez-vous des publicités payantes en ligne. Les bannières publicitaires ne sont pas toujours associées au site Web que vous visitez.
  • Avant d'envoyer des fonds ou un produit, contactez le demandeur en personne ou appelez pour confirmer que la demande est légitime.
  • Méfiez-vous des demandes par courriel qui sont étranges ou inhabituelles.
  • Ne cliquez jamais sur des liens et n'ouvrez jamais de pièces jointes dans des courriels non sollicités.
  • Passez en revue vos relevés de carte de crédit régulièrement pour vérifier si des sommes non autorisées ont été prélevées.
  • N'oubliez pas que si ça semble trop beau pour être vrai, c'est probablement le cas.

Le Bureau publie régulièrement des Alertes aux consommateurs pour renseigner les Canadiens sur les fraudes, les déclarations fausses ou trompeuses et les pratiques commerciales frauduleuses du moment. Surveillez le site pour de nouvelles publications. Suivez-nous sur Twitter, Facebook et LinkedIn pour vous informer des dernières nouveautés.

Ne laissez pas les fraudeurs s'en tirer à bon compte

Il est extrêmement important de signaler la fraude aux autorités. Les plaintes offrent l'une des meilleures façons de recueillir des preuves qui permettront de mieux protéger les consommateurs et les entreprises. Si vous croyez avoir fait l'objet d'une fraude, signalez-la au Centre antifraude du Canada, au Bureau de la concurrence ou à la GRC.

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