Témoignages de victimes

Chaque année, le Bureau de la concurrence reçoit en moyenne 20 000 demandes et plaintes. Il s'agit notamment de plaintes concernant des fraudes par marketing de masse, c'est‑à‑dire des fraudes par correspondance, téléphone et Internet. En voici quelques exemples.

Arnaque liée à la vente d'un logiciel antivirus

Mario a fait l'objet d'une arnaque liée à la vente d'un logiciel antivirus. Dans le cadre de cette arnaque, un télévendeur prétendant représenter une entreprise légitime lui a offert de régler tous ses problèmes d'ordinateur. Voici l'histoire de Mario.

J'ai reçu l'appel d'un homme qui prétendait travailler pour une entreprise de logiciels. Je n'ai pas immédiatement raccroché, comme je le fais habituellement quand des télévendeurs m'appellent, car le nom de l'entreprise me semblait familier.

L'homme m'a dit que mon ordinateur envoyait des messages d'erreur et m'a demandé si je trouvais qu'il fonctionnait un peu plus lentement récemment. Pendant que j'y réfléchissais, il m'a dit que son entreprise avait connaissance de l'existence d'un virus en circulation et qu'elle pouvait résoudre le problème facilement et à peu de frais. Il m'a même dirigé vers un endroit de mon ordinateur où je pouvais lire les rapports d'erreur. Tout semblait avoir du sens.

L'homme était convaincant. J'ai donc pensé que s'il pouvait régler le problème sans effort et à peu de frais, pourquoi pas? Je lui ai donné le numéro de ma carte de crédit pour payer les frais de 60 $ et j'ai suivi ses instructions pour lui permettre d'accéder à mon ordinateur à distance afin qu'il règle le problème.

Plus tard, j'ai parlé de cet appel à une amie. Elle m'a dit qu'elle avait lu un avertissement dans le journal au sujet d'une situation semblable. Un montant beaucoup plus élevé que convenu avait été prélevé sur la carte de crédit de certaines personnes. Elle m'a aussi dit qu'en autorisant l'homme à accéder à mon ordinateur, je lui avais peut-être permis de lire les frappes saisies à mon clavier et de voler mes renseignements personnels. J'ignorais totalement qu'on pouvait faire une telle chose, d'autant plus que je suis resté rivé à l'écran pendant tout le temps que le télévendeur était connecté à mon ordinateur.

Je me sens un peu bête d'être tombé dans un tel piège. L'homme semblait si crédible, surtout quand il m'a montré l'erreur sur mon ordinateur. Je n'avais pas réalisé qu'on pouvait accéder à tous mes renseignements personnels de cette façon.

Pour me protéger, j'ai fait annuler ma carte de crédit et j'ai téléphoné à ma banque pour fermer mon compte et en ouvrir un nouveau. Tous mes renseignements bancaires se trouvent en ligne. J'ai aussi signalé l'incident au Centre antifraude du Canada et au Bureau de la concurrence.

Si je reçois de nouveau un appel du genre, je dirai non, merci et je raccrocherai.

Arnaque liée à une offre gratuite

Isabelle a été victime d'une arnaque. Elle a d'abord accepté d'effectuer un petit paiement par carte de crédit, mais a vu un montant plus élevé porté à son compte à plusieurs reprises. Voici son histoire.

Il y a quelques mois, alors que j'utilisais mon téléphone intelligent, je suis tombée sur une publicité où on offrait d'essayer gratuitement un nouveau produit de diète. C'était l'hiver et j'avais pris un peu de poids en arrêtant de faire du vélo. J'ai donc pensé que cela valait le coup d'œil.

J'ai décidé de tenter le coup, puisqu'on voyait dans la publicité la photo et le témoignage de vedettes et de gens qui avaient utilisé le produit et que celui-ci semblait donner de bons résultats. On y présentait même un article publié sur un site de nouvelles, dans lequel un médecin le recommandait à ses patients.

J'ai reçu le produit par courrier quelques semaines plus tard et j'ai aussitôt commencé à l'utiliser. Mais j'ai cessé quelques jours plus tard, puisque je n'avais constaté aucun résultat immédiat.

Sur le relevé de ma carte de crédit, j'ai remarqué que la même entreprise qui m'avait envoyé le produit gratuit avait porté un montant de 22,95 $ à mon compte. J'étais étonnée, puisque je n'avais commandé ni reçu rien d'autre que le produit original. En fait, je n'étais pas certaine de la raison pour laquelle on m'avait facturé jusqu'à ce que je me souvienne que j'avais payé par carte de crédit des frais de transport de 2,95 $.

J'ai téléphoné à l'entreprise et quand j'ai enfin pu parler à quelqu'un, j'ai demandé un remboursement puisque je n'avais jamais commandé le produit. On m'a dit que j'avais commandé le produit quand j'ai accepté l'essai gratuit en ligne. Je n'en avais aucun souvenir. On m'a dit que tout était expliqué dans l'offre initiale. J'ai répondu que même si c'était le cas, je n'avais rien reçu et que je ne le souhaitais pas non plus. On m'a garanti que je ne serais plus facturée.

Sur mon relevé suivant, on m'a facturé encore une fois le même montant. J'ai tenté de joindre l'entreprise par téléphone, mais la ligne était toujours occupée. Après quelques recherches sur Internet, j'ai réalisé qu'il s'agissait d'une arnaque et que l'article paru dans le journal était faux.

J'ai téléphoné à l'émetteur de ma carte de crédit pour signaler les frais frauduleux et j'ai fait annuler ma carte. J'ai ensuite signalé l'incident au Centre antifraude du Canada et au Bureau de la concurrence. Je ne me laisserai plus jamais tenter par des offres « gratuites » à l'avenir, et je ne donnerai certainement pas mon numéro de carte de crédit pour en profiter.

Arnaque liée à l'allègement de dettes

Tom a fait l'objet d'une arnaque liée à la consolidation de dettes. Dans le cadre de ce type d'arnaque, un télévendeur offre un service qui vise à réduire les dettes personnelles d'au moins 50 %. Voici l'histoire de Tom.

Un représentant d'une entreprise a communiqué avec moi pour me demander si j'avais besoin d'aide pour régler mes dettes. Devant mon intérêt, il m'a expliqué qu'il pouvait réduire mes dettes d'au moins la moitié si je répondais à certains critères.

Pour pouvoir analyser ma situation, il m'a demandé beaucoup de renseignements personnels, y compris mon numéro d'assurance sociale ainsi que de l'information sur mon crédit et mes comptes bancaires. Il m'a dit que je répondais aux critères et qu'il pouvait diminuer mes dettes en les faisant passer de plus de 25 000 $ à près de 11 500 $, si j'adhérais au service.

Le représentant de l'entreprise m'a dit qu'avec tous mes renseignements, il négocierait un taux réduit auprès de ma banque et diminuerait mes paiements mensuels. Les frais s'élevaient à près de 3 000 $, mais cela me semblait être une bonne affaire compte tenu du montant auquel seraient réduites mes dettes.

L'entreprise a prélevé les frais en question à même mon compte bancaire, mais après quelques mois, rien ne s'était passé. Quand j'ai posé la question à un représentant de ma banque, il m'a répondu que personne n'était jamais entré en contact avec ma banque.

J'ai téléphoné à l'entreprise, et on m'a dit qu'on était en train de négocier avec la banque et que tout était sous contrôle. Cela ne me semblait pas logique, et quand j'ai demandé à avoir des preuves, on a transféré mon appel pour finalement raccrocher. J'ai rappelé et on a commencé à faire preuve de méchanceté à mon endroit.

J'ai communiqué avec ma banque pour y ouvrir un nouveau compte et empêcher l'entreprise d'aller retirer plus d'argent. J'ai aussi signalé l'incident au Bureau de la concurrence et au Centre antifraude du Canada. J'aurais dû effectuer des recherches sur l'entreprise et des vérifications auprès de ma banque avant d'accepter le service et de fournir mes renseignements personnels et bancaires.

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