C'est toujours le même refrain. Vous vous installez à table pour le souper et le téléphone sonne. Vous répondez. On tente de vous vendre quelque chose ou on vous dit que vous avez remporté un superbe prix.
En fait, vous êtes peut-être la cible de téléfraudeurs qui appellent d'un « local de vente sous pression » situé d'un côté ou de l'autre de la frontière canado-américaine…
Le télémarketing frauduleux transfrontalier est un grave problème qui semble prendre de l'ampleur. Les consommateurs américains et canadiens perdent des milliards de dollars aux mains des télévendeurs qui tentent de leur vendre des produits ou des services inexistants ou de les faire investir dans des compagnies fictives. Voici certains des stratagèmes les plus couramment utilisés par les téléfraudeurs :
On comprend facilement la raison pour laquelle les escrocs ciblent souvent des citoyens d'autres pays. Certains d'entre eux croient qu'ils ne se feront pas prendre en suivant une telle méthode. Ils supposent que les responsables de la mise en application de la loi dans leur pays ne se donneront pas la peine de monter des dossiers lorsque la victime réside à l'étranger. Ils croient également que les autorités du pays de la victime n'ont pas le pouvoir nécessaire pour enquêter sur des appels trompeurs faits d'outre-frontière.
Cependant, des organismes de mise en application de la loi aux États-Unis et au Canada ont désormais établi des partenariats, rendant ainsi la tâche plus difficile aux arnaqueurs transfrontaliers. Ces organismes collaborent des deux côtés de la frontière en mettant en commun leurs ressources (renseignements, enquêteurs, etc.). Tous les partenaires recueillent des renseignements sur les plaintes des consommateurs et aident à monter lesdossiers, notamment en faisant de la surveillance et en interrogeant les victimes. Ces actions portent fruit puisqu'il y a davantage de locaux de vente sous pression qui ferment leurs portes, et ce, de plus en plus rapidement.
Les consommateurs qui déposent une plainte concernant le télémarketing frauduleux transfrontalier fournissent des renseignements qui sont essentiels à la fermeture de telles entreprises. La Federal Trade Commission (FTC) entre les plaintes liées à Internet, au télémarketing, au vol d'identité, etc. dans le Consumer Sentinel, une base de données protégée à laquelle ont accès des centaines d'organismes de mise en application de la loi (au civil et au criminel) aux États-Unis, au Canada et à l'étranger. Si vous avez été victime de télémarketing frauduleux, veuillez le signaler. Les citoyens américains doivent communiquer avec la FTC au numéro sans frais 1-877-FTC-HELP (1-877-382-4357) ou encore remplir un formulaire de plainte en direct à www.ftc.gov (en anglais seulement). Les citoyens canadiens, eux, doivent communiquer avec PhoneBusters, par téléphone, au numéro sans frais 1-888-495-8501, par télécopieur, au numéro sans frais 1-888-654-9426 ou, par courriel, à info@phonebusters.com.
Évidemment, les escrocs continuent d'arnaquer les consommateurs en leur faisant croire qu'ils ont gagné à un pseudo-sweepstake ou encore en sollicitant leur don à une oeuvre de bienfaisance fictive. Ces escrocs jouent aussi sur la vulnérabilité financière et l'incertitude économique des consommateurs. Voici certains stratagèmes qu'utilisent les téléfraudeurs pour tromper leurs victimes.
Souvent, les télévendeurs, dont ceux qui opèrent à l'extérieur de leur pays, vous « garantissent » que vous avez remporté un prix de valeur comme des vacances, une voiture ou une somme d'argent importante, mais exigent que vous payiez les frais d'expédition, les taxes, les redevances douanières ou tout autre montant fictif. Donc, méfiez-vous des télévendeurs qui vous demandent un paiement en échange d'un « prix » ou d'un cadeau « gratuit ». Il est possible que vous ne receviez rien du tout ou que votre cadeau soit un produit à bon marché valant beaucoup moins que les « taxes » que vous aurez payées.
Un autre stratagème qu'utilisent les téléfraudeurs pour vous duper est de vous dire que vous avez gagné un sweepstake. Ils vous disent ensuite que vous pouvez payer des frais pour être admissibles à de plus gros prix. Il est même possible que vous receviez un article à bon marché pour vous inciter à envoyer encore plus d'argent.
Certains arnaqueurs ciblent les consommateurs qui ont déjà perdu de l'argent dans des sweepstakes frauduleux à l'étranger. Ils disent aux victimes que le gouvernement a gagné un procès contre l'entreprise qui les a escroqués. Ensuite, les téléfraudeurs leur disent que, pour être remboursés, ils doivent payer les frais juridiques ou des taxes au gouvernement.
Aussi, si vous recevez un appel inopiné d'un télévendeur vous annonçant que « vous avez gagné », souvenez-vous :
« Toutes nos félicitations! Vous pourriez recevoir un chèque certifié d'un montant allant jusqu'à 400 000 $US comptant! En un seul paiement! Et sans taxes à payer! Vous avez une chance sur six de gagner! »
Gardez votre argent! Il s'agit d'une escroquerie. Les fraudeurs, au moyen du téléphone ou du publipostage direct, incitent les consommateurs à acheter leur chance aux très grosses loteries de pays étrangers qui peuvent être aussi éloignés que l'Australie et l'Europe.
La plupart des publicités pour les loteries étrangères sont mensongères. De nombreux fraudeurs n'achètent même pas les billets de loterie en question. D'autres achètent quelques billets, mais conservent les « billets gagnants ». En outre, les vendeurs agressifs de loteries utilisent le numéro de compte bancaire ou de carte de crédit de leurs victimes pour s'en servir à leurs propres fins.
Les responsables de la mise en application de la loi fédérale aux États-Unis interceptent et détruisent des millions d'offres de loteries étrangères provenant de fraudeurs avant même qu'elles n'aient fait des victimes.
Si vous songez à participer à une loterie étrangère, ne le faites pas.
« Il a dit qu'il pouvait me faire crédit, sans aucune question, pour que je puisse payer certains comptes. Je n'avais qu'à lui avancer 250 $ et il s'occupait du reste. Je lui ai donc donné mon numéro de carte de crédit, mais je n'ai plus jamais eu de ses nouvelles. Bref, j'ai perdu 250 $ et mes comptes ne sont toujours pas payés. »
Un autre genre d'« usurier » a comme but de voler l'argent des consommateurs imprudents. Ces fraudeurs promettent à leurs proies un prêt, une carte de crédit ou d'autres octrois de crédit.
Les fraudeurs qui font la promotion de prêts avec frais payables à l'avance affirment aux consommateurs qu'ils ont d'excellentes chances d'avoir le prêt en question, peu importe leurs antécédents en matière de crédit. Cependant, pour y avoir droit, les consommateurs doivent acquitter des frais. Voilà le piège : vous payez l'arnaqueur, mais aucun prêt ne vous sera octroyé.
Des offres de crédit garanties et légitimes ne nécessitent aucun paiement à l'avance. Les prêteurs peuvent exiger que vous payiez les droits de demande, les frais d'évaluation et les frais de rapport de solvabilité. Toutefois, ces frais sont rarement exigés avant que le prêteur ne soit déterminé et que la demande de crédit ne soit remplie. De plus, ces frais sont payés au prêteur et non pas au courtier ou à la personne qui s'est occupée du dossier.
Les prêteurs légitimes peuvent garantir des offres de crédit fermes aux consommateurs dignes de confiance, mais ils le feront rarement sans évaluer auparavant la solvabilité du demandeur.
La publicité pour les prêts avec frais payables à l'avance figure normalement dans les petites annonces des journaux quotidiens et hebdomadaires et dans les revues. Souvent, on retrouve sous ces annonces un numéro « 900 », ce qui signifie que des frais vous seront facturés si vous faites un appel. On fait également la promotion des prêts sur avance dans des annonces-éclairs à la télévision par câble et à la radio et par le biais du publipostage direct. Souvenez-vous que le simple fait de faire publier des annonces dans des médias reconnus - comme un journal ou une station de radiodiffusion de votre ville - ne garantit pas la légitimité de l'entreprise qui paye l'annonce.
Que faire lorsque vous voyez un publicité garantissant un prêt avec frais payables à l'avance :
« J'ai reçu un appel d'une femme disant que je devais me munir d'une assurance pour me protéger en cas de débits non autorisés sur mes cartes de crédit. Je croyais que, selon la loi, ma responsabilité se limitait à 50 $ pour des débits non autorisés. Elle m'a affirmé que la loi a été modifiée et que désormais le consommateur est responsable de tous les débits qu'il n'a pas »
Non. Ne soyez pas dupé, ni par le boniment, ni par l'obligation de vous assurer. Les téléfraudeurs mentent aux consommateurs afin que ceux-ci souscrivent à une assurance en cas de débits non autorisés sur leurs cartes de crédit, alors que celle-ci leur est inutile. Si vous n'avez pas autorisé un débit, vous n'avez pas à le payer. Si vous voulez contester des débits non autorisés, vous n'avez qu'à suivre les procédures de votre émetteur de cartes de crédit. Aux États-Unis, votre responsabilité pour les débits non autorisés est toujours de 50 $. Dans certaines provinces du Canada, il est possible que vous n'en ayez aucune.
Les offres de protection en cas de débits non autorisés sur cartes de crédit est un stratagème couramment utilisé parmi les fraudeurs qui tentent de tirer profit de l'incertitude des consommateurs. Aussi, évitez de faire affaire avec des télévendeurs qui affirment :
Ne divulguez pas de renseignements personnels au téléphone, notamment votre numéro de carte de crédit ou de compte bancaire, à moins que vous connaissiez l'entreprise en question. Les arnaqueurs peuvent utiliser ces renseignements à des fins frauduleuses comme le vol d'identité - un des crimes des cols blancs les plus répandus en Amérique du Nord. Les arnaqueurs utilisent vos renseignements personnels tels que vos numéros de carte de crédit et de sécurité sociale ou d'autres numéros identificateurs, le nom de jeune fille de votre mère ou votre date de naissance sans que vous n'en ayez connaissance ou que vous ne donniez votre consentement afin de perpétrer des fraudes ou des vols.
« Bonjour… Vous avez été sélectionné pour recevoir notre offre spectaculaire : faites le »
N'allez pas tout de suite vous faire photographier pour votre passeport! Même si certains voyages vendus par téléphone sont légitimes, bon nombre de ces voyages sont en fait des arnaques de fraudeurs étrangers. Le terme « offre » est souvent un bon indice qui indique qu'il y a des
Le télévendeur peut vous demander votre numéro de carte de crédit pour que vous payiez le forfait voyage. Une fois que vous l'avez fait, le fraudeur vous donne les détails du « forfait », ce qui comporte normalement les consignes pour effectuer la demande de réservation. Votre demande suppose souvent que vous acquittiez des frais supplémentaires. De plus, de nombreuses offres supposent que vous payiez davantage pour obtenir la destination, l'hébergement, la croisière ou les dates qui vous étaient promis. Enfin, selon certaines offres vous pouvez être tenus de débourser encore davantage pour les frais de port, les taxes sur les chambres d'hôtel ou les
Vous voyez comment on s'y prend? De nouveaux frais s'ajoutent chaque fois qu'une étape est franchie. Vous ne pourrez peut-être jamais profiter de vos vacances en or parce qu'il est possible que vous n'ayez pas de confirmation de réservation ou que vous deviez respecter des « » farfelues, imprévues ou coûteuses.
Des surprises désagréables peuvent ruiner des vacances, surtout lorsque ces surprises consistent à débourser des sommes d'argent. Voilà pourquoi il est judicieux de se renseigner sur le forfait voyage en question avant d'y plonger tête première. Prenez note des conseils suivants :
Voici des exemples de télémarketing trompeur :
Alors, comment ont-ils obtenu votre numéro de téléphone? Les téléfraudeurs peuvent l'obtenir en consultant l'annuaire téléphonique, des listes de diffusion ou des listes de « poissons ». Les listes de « poissons » comportent les renseignements suivants : nom, adresse, numéro de téléphone - même les sommes dépensées à cause du télémarketing trompeur. Les promoteurs sans scrupules achètent et vendent ces listes, car, selon eux, les consommateurs qui ont déjà été victimes de ces supercheries sont plus susceptibles de se faire piéger de nouveau.
Vous ne pourrez peut-être pas rayer de la carte les appels impromptus, mais vous pouvez au moins apprendre à repérer les appels frauduleux. Voici comment y parvenir : en faisant preuve de prudence.
La FTC a comme mandat d'empêcher les pratiques commerciales frauduleuses, trompeuses ou déloyales et de fournir des renseignements aux consommateurs afin qu'ils puissent identifier ces pratiques, les faire cesser et éviter de s'y laisser prendre. Pour déposer une plainte ou encore obtenir des renseignements sur la fraude contre le consommateur, appelez au numéro sans frais, 1-877-FTC-HELP (1-877-382-4357) ou remplissez le formulaire de plainte à www.ftc.gov (en anglais seulement). La FTC entre les plaintes liées à Internet, au télémarketing, au vol d'identité, etc. dans le Consumer Sentinel, une base de données protégée à laquelle ont accès des centaines d'organismes d'application de la loi (au civil et au criminel) aux États-Unis, au Canada et à l'étranger. Pour obtenir de plus amples renseignements sur vos droits en vertu de la Telemarketing Sales Rule de la FTC et des conseils pour vous protéger du télémarketing abusif et trompeur, veuillez consulter le site Web de la FTC.
Le Postal Inspection Service est un des plus anciens organismes d'application de la loi fédérale aux États-Unis. Responsable de l'application de la loi pour le compte du Postal Service des États-Unis, le Postal Inspection Service a comme mandat d'appliquer plus de 200 lois fédérales lui permettant de mener des enquêtes sur les crimes qui nuisent au système postal des États-Unis ou son utilisation à des fins frauduleuses.
Le Bureau de la concurrence cible la fraude par télémarketing et par la poste visant les consommateurs canadiens et étrangers. Pour déposer une plainte, veuillez téléphoner au Bureau de la concurrence, au 1-800-348-5358 (appels au Canada seulement) ou PhoneBusters, au 1-888-495-8501. Vous pouvez aussi déposer une plainte en direct, à www.concurrence.ic.gc.ca.
Situé à Toronto, au Canada, le ministère ontarien des Services aux consommateurs et aux entreprises travaille de pair avec d'autres organismes d'application de la loi pour combattre le télémarketing trompeur et la fraude transfrontalière. En Ontario, il est illégal pour un courtier en prêts d'accepter de l'argent pour une quelconque raison avant d'octroyer un prêt. Si vous avez été victime d'une fraude liée à un prêt d'une entreprise ontarienne, veuillez communiquer avec PhoneBusters.
PhoneBusters est l'organisme central canadien qui recueille les renseignements sur les plaintes en matière de télémarketing en provenance du Canada et des États-Unis déposées contre les téléfraudeurs canadiens, et qui les communique ensuite à l'organisme de mise en application de la loi approprié. Les données recueillies sont extrêmement utiles pour évaluer les effets que ces fraudes ont sur la population et pour empêcher que d'autres crimes frauduleux soient commis. PhoneBusters est géré par la Section de la lutte contre l'escroquerie de la Police provinciale de l'Ontario et en partenariat avec la Gendarmerie royale du Canada. Si vous désirez signaler une fraude ou si vous avez besoin d'un complément d'information, communiquez avec PhoneBusters par téléphone, au 1-888-495-8501, par télécopieur, au 1-888-654-9426 (ces numéros sont accessibles à partir du Canada et de la partie continentale des États-Unis), ou par courriel, à info@phonebusters.com.
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